La routine avec la covid19 dans notre village

Un ami m’a fait hier une remarque sévère. Pourquoi je délaisse mon blog ? À vrai dire, dans cette époque de pandémie, peu de choses se passent : les fêtes traditionnelles ont été annulées : rien ne se passera pendant la semaine sainte. Il n’y aura pas ce carnaval des Chinelos que j’apprécie tant, que je vous ai montré tant de fois. Nous vivons une routine agréable, que je vous ai déjà contée dans mon dernier épisode de blog. 



Je trouve aussi indécent de vous parler du bonheur que j'ai vécu hier, alors que la situation dans mon cher pays devient dramatique. Par exemple, laissez-moi vous raconter ma matinée de mardi.


Réveil 6h30, je me prépare pour mon golf. J'ai décidé désormais de jouer à 8h, sinon il fait trop chaud. Où je joue, à 40' de chez nous, il fait actuellement à 14h  31°.



Je conduis la voiture à ma manière, seul. Nena ne me laisse plus conduire quand elle est avec moi, depuis que je me suis endormi au volant, il y a une dizaine d'année. Elle n'a pas toujours tort sur ma manière de conduire, un peu trop rapide quelquefois. Il y a un an, j'ai percuté un pauvre cheval, en haut d'une côte : voiture et cheval KO. On a dû acheter une autre voiture et vendre la mienne : conclusion, nous nous battons pour savoir qui prend la voiture, puisque nous n'en n'avons plus qu'une. Néna a choisi la voiture, moi la technologie. Grand écran sur lequel, je vois le chemin à prendre (Waze ou Google Maps),  écoute la musique en streaming,  prend les appels téléphoniques, etc..


Je mets l'air conditionné dont elle ne veut pas entendre parler, quand elle conduit. Ce matin j'écoutais une playlist de chanson française. Quel plaisir d'écouter Barbara chanter "La Dame Brune" et moi chantonner à tue-tête en même temps. 


Après le golf, je prends à l'hôtel, mon petit déjeuner favori : jus d'orange pressé, soupe de tripes et café au lait à gogo.Sur le chemin du retour, je m'arrête pour me prendre un litre de crème de Coco. Bref vous voyez l'ensemble de mes petits plaisirs.


La soupe


Le cadre du petit-déjeuner dans cette hacienda devenue hôtel avec activités diverses : golf, piscine, tennis, chevaux et résidences immobilières autour du golf.


Une des images de cette hacienda qui date du 16 ème siècle




Petite famille de canards bien contente sur le parcours de golf


Si j'ai du courage, je vais nager mes 100m : l'eau est à 32° grâce au chauffage solaire. 

À 18h, heure de  Mexico, je vais rejoindre une partie de bridge en ligne avec 3 amis et en attendant j'écoute Radio Classique à partir de mes écouteurs sans fil d'une qualité incomparable. Il n'y a plus de bridge en présentiel. Les écoles sont pratiquement toutes fermées, sauf les écoles privées, et les enfants qui ont les moyens d'avoir un téléphone intelligent ou un ordinateur, font leurs devoirs en ligne.


Après 2h30 de bridge, en ligne si Néna n'est pas couchée, nous méditons ensemble et après elle va au lit et je vois  un film en streaming sur Netflix ou un opéra du Metropolitan de New York. Hier j'ai vu Werther, quel plaisir.

 

Voilà un résumé de ma vie quotidienne, sans oublier le Qi Gong 3 fois par semaine.


Hier c'était la matinée de Qi Gong : la réputation de Néna s'étend maintenant dans tout le village et en plus du Qi Gong elle donne des conseils à tout va. Elle organise aussi de longues promenades dans nos montagnes.




Maintenant je vais quand même vous livrer quelques images qui m'ont amusé



Une vieille vidéo des Guignols bien d'actualité



J










À ce propos, je suis très heureux, je viens de me faire vacciner, à la méthode mexicaine dans un vaccinodrome : réveil à 5 heures du matin, queue infinie pour vacciner des milliers de personnes ; la  première piqûre de Pfizer m'a été injectée à 18h30. Quelques images de cet événement :


L'attente

Un panoramique



Le cours de Nena a de plus en plus de succès. Il attire même des Chinois, père et fils.






Nous continuons à aller à notre cours  mensuel de méditation
 taoïste avec le grand "prêtre"  Français Gérard Guash, dont je vous ai déjà parlé, qui va officier dans notre village le 10 avril. 30 personnes se sont déjà déclarées partantes.






On s'amuse un peu avec le masque



 
 

Ici avec mon ami rennais Hervé qui a une maison qui jouxte la notre.


Un peu de philosophie, aujourd’hui : cela fait 18 mois que nous sommes au Mexique et se pose le problème suivant : sommes-nous mieux ici, qu’en France ? il est effectivement évident que nous sommes actuellement dans un petit paradis où nous sommes que très peu touchés par la covid19, comme quelqu’un qui vit dans un village perdu en France, loi de toute agglomération, sans confinement. Je ne parle que pour moi : Nena me gronde à chaque fois que je parle d’elle où j’estime moi  par contre que je la vois si épanouie dans son pays d’origine, dans sa langue native, avec ses amis d’enfance, dans ses cours de Qi Gong où elle excelle, dans son approche d’anthropologue avec les gens du village.  Mais pour moi, je devrais répondre  donc la question : suis-je mieux ici qu’en France ?


Je crois que c’est un tort de comparer les 2 pays. Chacun a ses avantages et ses inconvénients :


Quels sont les bons côtés de mon pays d’adoption :


  • Sans hésiter une seconde, d’abord la gentillesse des Mexicains : dans la rue, dans les restaurants, dans les boutiques, partout le sourire, l’attention qu’on vous porte. 
  • Le climat ensuite : actuellement variation diurne 14-30 ; mais c’est moins vrai à partir du mois de mai où commence la saison des pluies qui se termine fin septembre. Nena a supprimé le jardin pour y faire une piscine. Il fait chaud en ce moment et le chauffage solaire nous permet d’atteindre 30°. Cela fait la joie des enfants, où notre piscine est en ce moment occupée plusieurs fois par semaine, par des cours à tous les âges.
  • La nourriture : il y en a pour tous les goûts ; je me suis habitué à la nourriture traditionnelle mexicaine après tant d’années, ce qui ne m’empêche pas d’aller de temps en temps dans un bon restaurant de viande où je demande la viande, sans os, sans gras quasi crue. Pardon aux végétariens. Voici comment on vous  la présente


Sans oublier un bon dessert




  • Les avantages économiques : mes revenus de retraité sont en euros que je convertis à un taux très avantageux en pesos mexicains. La chance a voulu que le peso de déprécie constamment. Il a perdu 12% en 1 an ; 30% en 5 ans et tenez-vous bien 63% en 10 ans. Le coût de la vie aujourd’hui correspond à 1/3 voir 1/4 dit Nena du coût de la vie en France. Nous payons le coiffeur ici 2,4€. Le litre d’essence du super plomb coûte 0,80€, ce qui est considéré comme cher pour un Mexicain. Certes la pandémie nous oblige à sortir peu, mais les restaurants à ma grande joie sont ouverts aujourd’hui, où un très bon restaurant dont nous n’abusons pas, coûte la moitié d’un restaurant du même ordre à Paris. Le salaire minimum mensuel au Mexique est de 139€ comparé à celui de la France, situé à 1 554€, soit 11 fois plus faible. Ceci ne veut pas dire grand-chose car beaucoup de Mexicains vivent DE LA RUE, sans salaire ou sans déclaration officielle d’existence : pourcentage difficile à estimer. 
  • Le service : remarquable dans tous les domaines ; dans les stations-services, par exemple, interdiction de toucher aux pompes ; on vous sert, on vous nettoie le pare-brise ou plus pour le contrôle des niveaux avec un pourboire de 0,40€. Dans les restaurants, dans les boutiques, dans les centres commerciaux, partout,  on vous traite avec courtoisie, gentillesse, rien à voir avec Paris.
  • L’avantage de vivre dans un village : Nena et moi, nous sommes  pourtant des rats des villes : Nena a vécu toute sa jeunesse à Mexico, jusqu’à ce que je la kidnappe à l’âge de 19 ans. Quant à moi, Paris  pendant 21 ans, Nancy pendant 3 ans, New-York pendant 2 ans, Mexico pendant 2 ans, puis Paris et la banlieue parisienne à Rocquencourt jusqu’à ma retraite à 65 ans. Certes la pandémie nous donne ici des avantages innombrables : pas de confinement,  ici peu de cas de Coronavirus : nous faisons des voyages que nous nommons transatlantiques quand nous allons à Mexico (1h30 de route) ou transpacifiques quand nous allons à Cuernavaca (capitale de notre État, Morelos, à 45’ de chez nous). Dans ces deux cas de figure, où ces voyages sont nécessaires (visite de médecins, de kiné, de garage, etc..) nous compensons par un bon restaurant avec bas les masques, bien sûr. Mon ami Claude vient de m'envoyer une vidéo où des Mexicains ont inventé des couvre-nez, idéal  pour le restaurant. Ici on utilise le mot masque, mais "couvre-bouche"
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J'interromps  cet hymne à la joie par une triste nouvelle et une grave critique à l'égard du Mexique. Un chauffeur de taxi qui me transportait partout depuis plusieurs années, devenu un ami, vient de mourir de Coronavirus.  Notre président que je n'apprécie guère, a supprimé une assurance dite "Seguro Popular" qui protégeait tous les Mexicains qui avaient le courage d'aller à l'hôpital. D'abord nombre de Mexicains n'osent pas aller à l'hôpital de peur d'y attraper le pire. Ils préfèrent mourir chez eux. Et maintenant il faut qu'ils payent les frais d'hospitalisation, raison de plus pour ne pas y aller.  Ceux qui ont un petit peu de moyens y vont quand même et la solidarité mexicaine permet d'éponger les dettes qui en résultent.

Là je reconnais que notre Sécurité Sociale a du bon.


Bon j'ai décidé d'arrêter là. je suis en verve aujourd'hui.

                                                Bises à tous. Vous me manquez.💏💏

 



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